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Les 10 phénomènes météorologiques les plus marquants
2015
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Les phénomènes météorologiques du 21e siècle
 
©Mario Ouellet
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 1. La « bête de feu » de Fort McMurray

Les saisons de l’hiver et du printemps influencées par El Niño ont été les plus sèches en 72 ans de données météorologiques consignées à Fort McMurray, et les deuxièmes plus chaudes jamais enregistrées. Par conséquent, la période entre la disparition de la couverture neigeuse et l’apparition des nouvelles pousses forestières (période appelée « spring dip ») a été beaucoup plus longue que la normale. Des semaines de temps chaud et sec ont gravement asséché le plancher forestier, créant ainsi des conditions idéales pour le déclenchement d’une tempête de feu, avec Fort McMurray à l’épicentre. Le 1er mai, l’incendie s’est déclaré et même si, initialement, il a été rapidement contenu, les vents violents ont soufflé et l’incendie est devenu incontrôlable. En deux jours, il avait doublé de taille, sautant par-dessus les autoroutes et les grandes rivières, et se dirigeant vers le centre ville de Fort McMurray. Les 88 000 résidents de la ville ont reçu l’ordre de l’évacuer, et cette catastrophe naturelle a provoqué un exode massif de réfugiés. Le 4 mai, l’incendie était visible depuis l’espace. Lorsqu’il a été enfin maîtrisé, l’incendie avait rasé une superficie de la taille de l’Île-du-Prince-Édouard, il avait brûlé 2 400 maisons et autres bâtiments et détruit 18 600 véhicules. De grandes parties de la cinquième ville en importance de l’Alberta n’étaient plus que des ruines fumantes. Surnommé « la bête », cet incendie a été la catastrophe la plus coûteuse de l’histoire au Canada, les coûts totaux atteignant 4 milliards de dollars en pertes assurées, et plusieurs milliards en pertes d’affaires, d’infrastructures et de biens non assurés.


©  Cole Burston/Getty -Google Images
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 2. Un super El Niño annule l’hiver

L’hiver 2015-2016 a été le deuxième hiver le plus chaud depuis que l’on a commencé à consigner les données à l’échelle du pays en 1948. Un « super » El Niño persistant a été la cause de l’hiver très doux partout dans le monde, et au Canada. Un autre aspect important a été le rétrécissement de la couverture de glace de mer dans l’Arctique, qui s’est amincie et a reculé à des niveaux record au cours des dernières années. Regina a connu son deuxième hiver le plus doux depuis que les données sont consignées en 1883, et il n’y a pas eu une seule journée en février sous -20 °C. Même Winnipeg, qui est sans conteste la grande ville canadienne la plus froide, n’avait pas encore connu d’hiver où il n’y avait eu qu’une seule journée sous -30 °C, jusqu’à cet hiver-ci. Fait incroyable, une année après que la patinoire du canal Rideau à Ottawa ait établi un record pour le plus grand nombre de jours de patinage en une saison (59), elle a établi un nouveau record pour le plus faible nombre de jours de patinage (18)! Plus à l’est, Moncton n’avait pas connu d’hiver aussi doux depuis au moins 60 ans. Le temps doux et l’absence de neige ont causé l’annulation de carnavals d’hiver, de courses de chiens de traîneau, de tournois de pêche sur la glace et de hockey sur étang. Partout au pays, l’hiver particulièrement doux a eu des répercussions importantes, tant négatives que positives. Alors que la saison des routes de glace a été extraordinairement courte, le temps doux a également levé les risques d’inondations printanières dans la plupart des régions du pays. Curieusement, un hiver quasi absent dans l’Ouest s’est avéré être idéal pour les skieurs alpins et les planchistes. En mars, les stations de ski ont reçu tellement de neige qu’elles ont pu prolonger la saison de ski jusque tard en mai. Par contre, dans l’Est, les stations de ski ont connu l’une des pires saisons de mémoire


©Mario Ouellet
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3.  Un long week-end de tempête violente et coûteuse en août dans les Prairies

Juillet a été un mois de temps orageux dans toutes les Prairies, mais c’est la tempête du long week-end du 1 er  août qui a eu les répercussions les plus importantes et les plus coûteuses. Le 30 juillet, un système de basse pression intense, accompagné d’un front froid, a balayé l’Alberta et a continué jusque dans l’est des Prairies le jour suivant. Le vent, la pluie et la grêle se sont abattus sur les maisons, et ils ont fracassé les fenêtres, déchiqueté les parterres, bosselé les automobiles, arraché les parements, soulevé les bardeaux de toit et endommagé plusieurs avions commerciaux. Lorsque la tempête a traversé Edmonton, elle a inondé la promenade Whitemud et a bloqué les automobilistes pour la deuxième fois en une semaine. Plus au nord, Fort McMurray a été de nouveau la cible des éléments. Douze semaines après avoir été sans recevoir une seule averse qui aurait été des plus nécessaires, la ville ravagée par l’incendie a reçu l’équivalent d’un mois de pluie en seulement deux heures (87 mm). En Saskatchewan, la chaleur diurne et une atmosphère instable ont causé deux tornades, des vents rectilignes, des pluies causant des crues, et des grêlons de la taille d’un pamplemousse. La tempête a ensuite balayé le Manitoba le dimanche et le lundi de congé, toujours avec la même férocité. Les réclamations d’assurance se sont chiffrées à 42 000, et les pertes ont totalisé 410 millions de dollars, la majeure partie en Alberta.


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4.  Un été dont on se souviendra dans l’Est

Le temps estival est arrivé dans l’Est le week-end de la fête de Victoria, et cette région du pays a connu un été chaud, humide, presque sec et relativement calme jusqu’après la fête du Travail. C’est un été dont on se souviendra assurément, avec une chaleur persistante, des week-ends parfaits et très peu de temps inclément. Le seul inconvénient, ce furent les factures d’électricité élevées dues à la grande utilisation des climatiseurs pour contrer la chaleur accablante.

À l’Aéroport international Pearson de Toronto, on a enregistré 39 jours pendant lesquels la température maximale était égale ou supérieure à 30 °C, par rapport à la normale de 14 jours. Il y a eu plus de journées chaudes au cours de cet été que pendant les trois étés précédents combinés. Des températures torrides à Toronto, au-dessus de 35 °C, ont été enregistrées pendant les quatre mois de l’été – juin, juillet, août et septembre – une première pour cette ville. Malgré la chaleur excessive, la province n’a connu qu’un seul avis de smog et de mauvaise qualité de l’air. Mais ce qui a été bon pour les campeurs et les baigneurs a été mauvais pour les agriculteurs et les jardiniers. Une sécheresse prolongée a sévi le long d’une large bande allant de l’Ontario, à partir de Chatham au nord jusqu’à Ottawa,  s’étendant dans le  Québec jusqu’en Nouvelle-Écosse. Au Québec, les Cantons de l’Est ont reçu de 25 à 75 % moins de précipitations que la normale au début de l’été. Les résidents de l’ouest de la Nouvelle-Écosse ont été aux prises avec des lits de rivière asséchés, des sols craquelés, des puits à sec et des broussailles extrêmement sèches. À Yarmouth, les précipitations totales entre le 1 er  juin et la mi-septembre étaient inférieures à 30 % de la normale.

Malgré les interdictions sévères, les niveaux de l’eau ont diminué progressivement au point où la pêche à l’intérieur de la Nouvelle-Écosse a été pratiquement interrompue. Dans la région du Niagara, les agriculteurs attendaient avec anxiété la pluie. Et même lorsque la pluie a commencé à tomber dans de nombreuses parties de l’ouest de l’Ontario à la mi-août, les producteurs du Niagara n’ont reçu que des précipitations légères. Pour la première fois depuis près de 20 ans, certains vignerons ont dû irriguer leurs vignobles.


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5. Vague de chaleur en novembre et le grand gel de décembre

Au début d’octobre, dans les Prairies, on s’est étonné de l’arrivée précoce de l’hiver avec des vents frais et de la neige soufflante. Heureusement, ce faux hiver d’octobre s’est terminé avant l’Halloween avec un réchauffement remarquable. À la mi-novembre, plus de 300 records de température quotidienne étaient tombés dans l’Ouest et le Nord, certains par une marge incroyable de cinq degrés ou plus. Au moins 20 villes ont connu leur mois de novembre le plus chaud, y compris Winnipeg (par plus de 2 °C), Brandon, Regina, Prince Albert, Kelowna et Vancouver. Mais la vraie surprise a été la persistance du chaud dans le sud – plus de quatre semaines, ce qui a donné aux agriculteurs et aux éleveurs une deuxième chance pour terminer la récolte qui avait été retardée. Avec un nouveau mois est venu de la météo différente. Dans la première semaine de décembre, une masse d'air arctique a balayé, vers le sud, la Colombie-Britannique, à l'est, dans les Prairies et le Nord de l'Ontario. L'air glacial a saisi l’Ouest pendant deux semaines avec des températures parfois 15 degrés inférieures à la moyenne et des refroidissements éoliens de -40 et moins. Victoria et Vancouver ont connu leurs températures les plus froides en quatre ans et Edmonton a enregistré trois températures quotidiennes maximales inférieures à -20 ° C – soit des températures qui n’avaient pas été vues en après-midi toute l'année dernière. Malheureusement, le froid glacial a coûté la vie à plusieurs Canadiens. Pour les sans-abri, le froid amer a rendu la vie encore plus difficile. Des millions de Canadiens ont augmenté le chauffage afin de se réchauffer, augmentant la consommation d'énergie à des niveaux record dans les Prairies. Le littoral de la Colombie-Britannique a reçu plus de neige en une semaine au début du mois de décembre que ce qu'il a reçu au cours des deux années précédentes. Le sud-est de la Saskatchewan et le sud du Manitoba ont été frappés par une énorme tempête hivernale qui a déversé de 20 à 50 cm de neige, entraînant la fermeture des écoles et des routes et l'effondrement du toit. Vers le milieu du mois, les habitants de l'Est ont été réintroduits au redouté vortex polaire, la dépression du Colorado, et les rafales de neige associées. L'air glacial n'a pas relâché son emprise jusqu'au premier jour officiel de l'hiver, mais a fait en sorte que des millions de Canadiens ont eu un Noël blanc.


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 6. La glace de mer dans l’Arctique s’en va, s’en va…

L’étendue maximale de la glace de mer dans l’Arctique en mars ne représentait qu’une fraction de l’étendue minimale record de l’année précédente, ce qui n’est pas surprenant, compte tenu du temps exceptionnellement doux dans l’Arctique, qui était de 2 à 6 °C au-dessus de la moyenne. À la fin de mai, la mer de Beaufort est habituellement gelée à 92 %. Cette année, à peine plus de la moitié de la mer était recouverte de glace, et la fonte a commencé un bon mois avant la normale (de nouveau, un record pour le début de la fonte). En raison de la grande étendue de glace assez mince dans l’océan Arctique au début de la saison de fonte, il y avait de fortes chances que l’étendue de glace minimale entre le milieu et la fin septembre soit de nouveau près du record minimal de 2016, et c’est exactement ce qui s’est produit. Selon le Service canadien des glaces, les eaux arctiques au Canada ont connu leur troisième plus faible couverture de glace jamais enregistrée (la plus faible ayant été en 2012, et la deuxième plus faible en 2011). Dans la mer de Beaufort, l’étendue de la glace de mer à la mi-septembre a été la deuxième plus faible jamais enregistrée. Le gel a commencé au moment prévu, mais en raison de la grande étendue d’eau libre, ce n’est qu’à la fin de novembre que la couverture de glace a été abondante, avec un retard étonnant de quatre semaines par rapport à la normale.


©Mario Ouellet
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 7. Une météo estivale débridée dans les Prairies

Les météorologues ont été fort occupés dans les Prairies cet été, cette région ayant connu l’une des saisons d’orages les plus longues et les plus actives depuis que ces données ont commencé à être consignées en 1991. Les grappes d’orages intenses étaient plus fréquentes et semblaient se déplacer plus lentement que d’habitude, ayant ainsi plus de temps pour provoquer des dégâts. Il y a eu de nombreux rapports de gros grêlons, de fortes pluies, de vents violents, de foudre fréquente et de nombreux événements localisés, dont des tornades, des micro-rafales et des trombes terrestres brèves mais non destructives. Les tornades ont été beaucoup plus fréquentes (46 vortex) par rapport à la moyenne de 34 enregistrée sur 30 ans, et elles ont été également réparties entre les trois provinces. On a également relevé 564 événements météorologiques violents (gros grêlons, vents intenses, fortes pluies, tornades), soit deux fois plus que la normale. Le Manitoba a été le plus frappé avec 240 événements, suivi de l’Alberta avec 205. Près des deux tiers de ces événements météorologiques violents ont consisté en tempêtes de grêle, soit deux fois plus que la moyenne, et les sommes payées par les assureurs pour les dommages aux cultures causés par la grêle étaient supérieures à 50 % par rapport à l’année précédente, et bien au-dessus de la moyenne quinquennale.
 

Temps violent dans les Prairies au cours de l’été 2016

 

Tornades

Grêle

Vents violents

Pluie forte

Total

Nombre en 2016

46

368

108

40

562

Moyenne sur 30 ans (1986-2015)

34

128

51

26

239

 


©Environment Canada
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 8. Deux printemps différents

Un printemps chaud dans l’Ouest
La Colombie-Britannique, le Yukon et les trois provinces des Prairies ont connu leur printemps le plus chaud depuis près de 70 ans que les données sont consignées, jusqu’à 4,5 degrés de plus que la normale. À Vancouver, le mois d’avril a été l’un des plus chauds et des plus secs jamais enregistrés. Dans tout l’Ouest, le printemps avait des allures de début de sécheresse, et les champs ont été ensemencés dans les conditions parmi les plus sèches des dernières années. À la mi-mai, les forêts étaient extrêmement sèches, l’humidité était faible, les vents étaient forts et soufflaient en rafales, et les risques d’incendie étaient d’élevés à extrêmes. Le 4 mai, la température a grimpé à Winnipeg pour atteindre un record de 35,2 °C – du jamais vu! C’était la première fois que la ville connaissait une température supérieure à 35 °C si de bonheur dans la saison depuis que les données ont commencé à être consignées en 1872, et, comme il s’est avéré, cette température a été la plus chaude de toute l’année 2016, et ce, sept bonnes semaines avant le début officiel de l’été. Les Winnipegois se sont rués avec plaisir dans les parcs pour y faire des pique-niques, ils ont festoyé sur les terrasses et ils ont commencé à faire du vélo et à jouer au golf beaucoup plus tôt que d’habitude.

Un printemps frisquet dans l’Est
Pour le grand malheur des habitants du sud de l’Ontario et du Québec, l’hiver a retardé son arrivée jusqu’au printemps! Pendant la première semaine d’avril, les températures ont chuté pour atteindre de nouveaux minimums record dans plusieurs villes. À Toronto, le mois d’avril a été plus enneigé que tout autre mois de l’hiver, et les averses de pluie printanières étaient plutôt sous forme d’averses de neige. Dans le sud du Québec, un mois d’avril cruel a cédé le pas à un mois de mai misérable, au moins jusqu’au week-end de la fête de Victoria, les températures en mai oscillant entre 6 et 12 °C sous la normale. Les Cantons de l’Est et la Beauce ont reçu de 5 à 7 cm de neige, et il en est tombé de 10 à 15 cm en Abitibi. Les averses de neige en mai ne sont pas chose inconnue dans le sud du Québec, mais elles sont extrêmement rares après le 15 du mois. Pour les gens de l’Est, le printemps a tout simplement été trop long, trop froid et a trop ressemblé à l’hiver qu’ils n’avaient pas eu.


©Mario Ouellet
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 9. Une bombe météorologique dans le Canada atlantique à l’Action de grâces

L’ouragan Matthew a été la tempête tropicale la plus coûteuse depuis Sandy, et le premier ouragan de catégorie 5 dans l’Atlantique des neuf dernières années. Le 9 octobre, le cœur de Matthew se trouvait à environ 320 km à l’est de Cape Hatteras, en Caroline du Nord, mais sa « rivière atmosphérique » s’étendait sur 1 600 km au nord jusqu’au Canada atlantique, où elle a interagi avec une tempête intense, se déplaçant lentement mais se renforçant rapidement. Le système hybride s’est intensifié et a assailli d’abord l’est de la Nouvelle-Écosse, puis Terre-Neuve et le Labrador, causant partout d’abondantes précipitations. L’île du Cap-Breton a reçu de plein fouet le gros de la tempête. Sydney a reçu 225 mm de pluie, ce qui a fracassé le record précédent de 129 mm de précipitations en une journée dans la ville. Cette journée a également été la deuxième plus pluvieuse de l’histoire de la Nouvelle-Écosse. Plus de 140 000 Néo Écossais ont été privés d’électricité, certains pendant trois jours. Au centre de Terre-Neuve, les précipitations ont approché les 100 mm, mais à Gander et à Burgeo, elles ont totalisé près de 150 mm. Selon les estimations du Bureau d’assurance du Canada, les pertes ont totalisé 103 millions de dollars, la majeure partie des réclamations ayant été faites en Nouvelle-Écosse.


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 10. Des pluies torrentielles à Windsor causent pour 100 millions de dollars de dommages

Une pluie diluvienne est tombée sur Windsor et le comté d’Essex à la fin de septembre. Bien que les précipitations associées aux tempêtes varient grandement en quantité, deux banlieues de Windsor, Riverside et Tecumseh, ont reçu une quantité étonnante de 200 mm. Sollicités au maximum, le réseau de drainage et l’équipement de pompage ont été tout simplement débordés. Les eaux de crue ont inondé des douzaines de routes, ont bloqué des voitures, inondé les champs et les terrains des résidences, et déversé dans les sous-sols un mètre ou plus d’eaux d’égout sales. Les estimations préliminaires des pertes assurées dépassaient 108 millions de dollars, pour 6 100 réclamations, et de nombreuses autres pertes additionnelles n’étaient pas couvertes par les assurances.