Un bref historique de la société canadienne de météorologie et d'océanographie

La Société canadienne de météorologie et d'océanographie a un passé divisé puisque le côté météorologique de la Société peut être retracé jusqu'en 1939 lorsque des statuts ont été obtenus de la Royal Meteorological Society (RMS) afin d'établir une branche canadienne de cette Société.  La composante océanographique de la Société, par ailleurs, n'avait aucun antécédent en tant qu'organisation.

Lors d'une réunion de quelque 33 membres de la RMS, en février 1940, une pétition demandant à la Royal Meteorological Society de reconnaître la Branche canadienne de la Society a été établie.  L'annonce officielle de la fondation de la Branche canadienne a été faite lors d'une réunion conjointe de la Royal Meteorological Society et de l'American Meteorological Society (AMS).  Durant la guerre, l'exécutif n'a gardé aucun procès-verbal, mais la Branche a continué ses activités.  À la fin de la guerre, le nombre de membres avait doublé, passant de 60 en 1942 à 110 en 1947.  En 1949, la Branche canadienne comptait 200 membres et elle était en bonne posture pour une nouvelle expansion du nombre de membres et de ses activités.

En 1953, la Conférence météorologique de Toronto a été organisée par la Branche, ce qui est maintenant considéré comme le point tournant de l'organisme.  La participation à cette conférence a été forte et regroupa des personnes prestigieuses de la Royal Meteorological Society et de l'American Meteorological Society et des personnalités telles que J. Bjerknes et H.U. Sverdrup de la Norvège.  Au cours de la même année, le Centre de Montréal fut fondé et prit la responsabilité de former l'exécutif de la Branche.  Le Centre de Montréal a inauguré les congrès annuels météorologiques, et au cours des six années subséquentes les congrès ont eu lieu chaque printemps, conjointement avec la Société royale du Canada et d'autres sociétés savantes.

Le Centre de Montréal a également été responsable du lancement de la revue Atmosphere.  Initialement, elle s'intitulait le Bulletin of Canadian Meteorology et devait contenir des articles scientifiques et des articles sur des sujets populaires.  Le premier numéro, sous l'appellation Atmosphere, est paru en mars 1963.

Comme l'intérêt dans les sciences météorologiques grandissait, des centres ont été établis à Winnipeg et à Toronto.  Plus tard, en 1965, des centres ont été organisés à Vancouver (Centre de la Colombie-Britannique), à Halifax et en Alberta (Edmonton).  Un centre a été établi à Ottawa l'année suivante.

L'idée de se séparer de la Royal Meteorological Society et d'établir une Société indépendante avait été discutée durant les années 1950. Les deux parties se plaignaient l'une de l'autre et finalement la question a été soulevée aux congrès de 1964 et 1965.  La décision officielle a été prise au septième et dernier congrès de la Branche canadienne, en 1966, à l'Université de Sherbrooke, en présence et avec le plein accord du président de la Royal Meteorological Society, que les membres canadiens avaient invité à participer à cette rencontre historique.  La Société météorologique du Canada a été fondée le 1er janvier 1967 et le premier congrès sous l'appellation de la nouvelle Société a eu lieu à l'université Carleton en juin de la même année.

Photo du Premier congrès de la SCM tenu à l'université Carleton, Ottawa, 30 mai à 3 juin 1967
Photo du Deuxième congrès de la SCM tenu à l'université Calgary, mai 1968
Photos des congrès de la SCMO

Les océanographes, par ailleurs, n'avaient aucune affiliation formelle avec une société au Canada.  Ce n'est qu'à la fin des années 1950 qu'un essor important a eu lieu dans les sciences océaniques, non seulement sous l'initiative du gouvernement fédéral, mais également par de nouveaux centres de recherche et d'enseignement crées dans de nombreuses universités.  Les océanographes étaient bien conscients de la nécessité de créer un forum pour la présentation de recherches océanographiques canadiennes.  Au début, le vide a été comblé par le Comité canadien des océanographes qui organisait des sessions scientifiques lors de ses réunions annuelles.  Par contre, une structure plus durable sous la forme de colloques n'en a pas émergé.

Comme le Canada s'impliquait de plus en plus dans les activités et les expériences mondiales de météorologie et d'océanographie, les scientifiques travaillant dans ces domaines ont dû se pencher sur des problèmes similaires de modélisation atmosphérique et océanographique.  Pour certains, les avantages de regrouper les deux communautés scientifiques étaient donc apparents.  Conséquemment, des discussions ont eu lieu en 1974 avec des membres du comité scientifique de la Société météorologique du Canada afin de prendre en considération la possibilité d'étendre le rôle et le nombre de membres de la Société.

Plus tard, le président de la SMC a invité les océanographes à se joindre à la Société et à organiser un programme océanographique pour le 9e Congrès.  Le thème du Congrès portait sur le rôle de l'océan Pacifique dans le climat de l'Amérique du Nord.  Les océanographes se sont joints à la Société en 1977 et le nom de la Société météorologique du Canada a été changé pour la Société canadienne de météorologie et d'océanographie.  À ce moment, la revue Atmosphere est aussi devenue Atmosphere-Ocean.  Une décision a également été rendue afin que les océanographes deviennent éligibles au Prix du président et aux Prix des étudiants diplômés.  La Médaille Rube Hornstein et le prix Dr Andrew Thomson demeuraient exclusivement des prix en météorologie.  La Médaille J. P. Tully en océanographie a été instaurée par la Société en 1983.

Des modifications ont été apportées à la constitution afin de refléter les intérêts combinés des météorologues et océanographes.  Ces démarches ont pavé le chemin pour que la Société s'incorpore en tant qu'organisme à but non lucratif, ce qui a été réalisé le 28 août 1984, sous la Loi sur les sociétés par actions.

Depuis le début, les membres de la Société se partagent la tâche de siéger sur différents comités exécutifs y compris ceux de l'organisation du Congrès, de la rédaction d'Atmosphere-Ocean et du Bulletin de nouvelles (maintenant le CMOS Bulletin SCMO).

La Société comprend un Conseil, un exécutif, un comité scientifique, un comité d'accréditation, un comité d'agrément des présentateurs à la télévision et à la radio (présentement formé de membres du Conseil), un comité des nominations, un comité des prix et récompenses et un comité éducatif pour la météorologie.  La Société compte environ 800 membres répartis à travers le Canada et associés à un centre ou à une section (les sections furent éliminées par l'AGA en 2004).

Le soutien administratif de la Société se fait depuis des années par l'Association canadienne des physiciens et physiciennes située à Ottawa.  La Société a nommé son premier directeur exécutif en 1983, un poste qui existe toujours à l'intérieur de la Société.  La SCMO a finalement commencé à s'administrer elle-même en 2003.

Le logo de la SCMO était à l'origine un flocon de neige en raison de son nom initial.  Le logo actuel symbolise son passé météorologique par des diagonales qui représentent la pluie et des vagues bleues qui représentent l'intérêt de la Société pour l'océanographie.

Note:

Cet historique de la SCMO est basé sur une série d'articles écrits par Morley K. Thomas, et publiés dans les numéros de février, avril, octobre et décembre 1994 du CMOS Bulletin SCMO.  La section se rapportant au rôle joué par les océanographes lors de leur union avec la Société a été publiée par le Dr Cedric Mann dans le numéro de février 1995 du CMOS Bulletin SCMO.

Neil J. Campbell
Directeur exécutif
octobre 1997
 
Page d'accueil
/f
URL: http://www.scmo.ca/historyscmo.html